Budget participatif : Réinventer le lien entre la ville et ses habitants
À Lausanne, un groupe de jeunes du quartier de Grand-Vennes, l’association 303 Records, a obtenu 20’000 francs via le budget participatif de la ville pour rénover un terrain de basket vétuste. (Source: https://www.24heures.ch/lausanne-le-label-303-records-renove-un-terrain-de-basket-198914749581)
Au-delà de la belle histoire sportive, ce succès illustre parfaitement une dynamique que nous devons encourager à l’échelle locale. En tant que Conseiller communal et observateur attentif des finances publiques, je vois dans ces initiatives une clé pour revitaliser notre démocratie communale.
Le constat : réduire la distance
Nous l’entendons souvent : pour beaucoup, la politique semble abstraite, lente, parfois trop bureaucratique. Les grands projets d’urbanisme prennent des années, les processus administratifs sont complexes. Ce temps long, bien que nécessaire, crée parfois un fossé avec l’immédiateté des besoins des habitants.
L’adage est connu : si les citoyens ne viennent plus vers la politique, c’est à la politique de trouver de nouveaux chemins pour aller vers eux. Le budget participatif est l’un de ces chemins.
Trois vertus pour la cohésion locale
Allouer une enveloppe du budget communal à des projets proposés et choisis par la population n’est pas un effet de mode. C’est un levier d’action qui répond à trois enjeux majeurs :
1. Le besoin de concret Contrairement aux planifications stratégiques sur dix ans, un budget participatif permet des réalisations visibles rapidement : un jardin partagé, une place de jeux rénovée, du mobilier urbain adapté. C’est la preuve immédiate que l’action publique peut améliorer le quotidien sans attendre.
2. La responsabilisation C’est un principe humain fondamental : on prend davantage soin de ce que l’on a contribué à construire. Confier les rênes d’un projet aux habitants, c’est transformer des « consommateurs » de services publics en acteurs responsables. Ils imaginent, ils défendent leur projet, ils s’impliquent dans la réalisation.
3. La satisfaction du « faire » La démocratie ne devrait pas se limiter à glisser un bulletin dans l’urne tous les cinq ans. La satisfaction est bien plus grande quand on peut décider et agir directement sur son environnement proche. Cela recrée du lien social et une fierté d’appartenance au quartier.
Une vision moderne des finances publiques
Avec mon expérience à la présidence de la Commission des Finances, je suis convaincu qu’un budget communal doit être vivant. Il ne s’agit pas seulement d’aligner des colonnes de chiffres, mais de financer le « vivre-ensemble ».
Dédier une partie des investissements à la participation citoyenne est une dépense intelligente. C’est un investissement dans la cohésion sociale et dans le respect des infrastructures publiques. C’est aussi une manière d’assurer une écologie positive et incitative, où les initiatives durables viennent de la base (biodiversité de quartier, mobilité douce, lieux de partage) et sont soutenues par la collectivité.
Conclusion
Donner les clés – et les moyens – aux habitants pour faire bouger les lignes est une évolution nécessaire de la gouvernance locale. Que ce soit à Morges ou ailleurs, l’avenir de la commune passe par cette implication très concrète des citoyens.
Car au final, la meilleure politique est celle qui se construit avec et pour ceux qui vivent la ville au quotidien.